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Les homicides en forte baisse depuis trente ans


Première   Délinquance  

Source : Flore Thomasset, La Croix, le 12 janvier 2016

 

Moins de condamnations pour homicides, plus de sévérité des peines depuis trente ans, c’est ce que nous apprend l’étude de l’Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales publiée ce jour.

 

Moins d’homicides, plus sévèrement condamnés : tel est le résumé de la courte étude publiée ce mardi 12 janvier par l’Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales. En 2012, il y a eu 583 condamnations pour homicides volontaires contre 802 en 1984, soit une baisse d’un peu plus de 27 % en près de trente ans.
« Nous sommes dans une période de ressac des homicides, c’est quelque chose de clair et de documenté depuis une quinzaine d’années », confirme Philippe Robert, directeur de recherches émérite au CNRS.

Baisse des violences ayant entraîné la mort

Cette diminution concerne les condamnations pour meurtres et assassinats (– 28,3%, de 586 condamnations en 1984 à 420 en 2012) mais aussi pour coups et blessures volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner (– 24,8%, de 216 condamnations en 1984 à 163 en 2012).
Le nombre d’homicides volontaires enregistrés par les policiers est lui aussi, logiquement, en baisse, de moins 36 %, passant de 1 237 en 1997 à 792 en 2014.

Des condamnations plus lourdes

L’étude montre par ailleurs que les auteurs de ces crimes sont plus sévèrement punis par les Cours d’assises. Ainsi, plus de la moitié des peines prononcées se situent entre dix et quinze ans. La part de ces peines a fortement augmenté depuis 1984, passant de 34,2 % à plus de 51 % en 2012.
Par ailleurs, plus de 20 % des peines dépassent les 20 ans. Les peines les plus sévères ont ainsi augmenté de plus de 12 points puisqu’elles n’étaient que 8 % en 1984.

Sentiment d’insécurité

Ces deux volets de l’étude démentent deux lieux communs : notre société serait de plus en plus violente et les juges, globalement laxistes.
À noter cependant que le nombre de violences volontaires sans entraîner la mort, lui, a fortement bondi. En 2012, 4 637 condamnations assorties d’une peine d’emprisonnement ferme ont été prononcées en France pour des violences volontaires sans incapacité totale de travail (ITT). En 2000, ce nombre ne dépassait pas 720. Cette hausse est cependant principalement due à une évolution sociétale : les victimes reportent davantage aujourd’hui qu’hier les agressions subies.

Influence médiatique

Une autre étude, publiée aussi ce mardi 12 janvier par l’institut des politiques publiques, montre un autre phénomène sociétal intéressant : « Dans les cours d’assises, les peines sont plus élevées au lendemain de reportages consacrés aux faits divers criminels, et, à l’inverse, plus courtes après ceux traitants d’erreurs judiciaires. » Une donnée importante quand on connaît la médiatisation qui entoure certaines affaires.
L’influence des médias sur les verdicts est ainsi nette quant au quantum de la peine. « En moyenne, chaque reportage sur un fait divers criminel diffusé dans les journaux télévisés de 20 heures augmente de 24 jours la durée des peines prononcées le lendemain par les cours d’assises. » À l’inverse, « chaque reportage sur les erreurs judiciaires diminue les peines prononcées le lendemain en assises de 37 jours en moyenne ».
« Ces résultats invitent à renforcer la formation des jurés lors des procès d’assises et à rappeler qu’ils ne doivent examiner que les faits », concluent les auteurs.